Lettre XI de Bilichilde
Mon cher Godomar,
Nous n'imaginez pas quel fut mon plaisir hier de vous revoir vous et votre damoiseau! Une semaine, oui, une semaine presque sans se voir. Imaginez-vous? Point de Victor, point de cinéma, point de dîner à la lueur de vos lumières crussoliènnes... Si vous aviez vu dans quel dépit cette situation me mettait! Mais tout rentre dans l'ordre puisque notre journée d'hier en compagnie du Chevalier Athalaric et de Mademoiselle Gudule fut en tout points exquise.
Je suis ravie également que vous appréciez mon imagination qui, parfois tout de même, se montre beaucoup trop fertile. Je ne vous ferai point le récit de mes rêves les plus dégentés, mais je dois dire qu'il s'agit là de vrais pépites burlesques, fantastico-romantico-incroyables...
Peut-être un jour aurez-vous le privilège d'écouter mes récits!
Mais il est vrai qu'en ce moment, mes voyages au pays de Morphée sont un peu troublés. Peut-être parce que mon Chevalier *** de Burdigala prend toute la place... Je devrais y songer et remédier à cela.
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce dimanche 10 mai 2009
Lettre XVI de Godomar
Chère mère,
Pour ma part, je navigue d'un travail à l'autre ; mon esprit -comme à son habitude me direz-vous- est en ébullition, et je dors peu (rassurez-vous cependant : je mange à ma fin, et j'ai même découvert hier, à deux pas de chez moi, un restaurant fort charmant, digne d'une auberge perdue en pleine montagne, où, pour quelques piécettes, l'on mange sain et à sa faim).
Pardonnez enfin la concision abrupte de ce courrier, mais l'inspiration ne vient plus, et je ne peux me résoudre à la violenter. Recevez donc, chère mère, l'affection la plus tendre de votre fils bien-aimé.
Godomar.
Lutèce, ce Vendredi 8 mai 2009
Lettre XV de Godomar
Chère Eintligarde,
Dans l'attente impatiente de vous revoir, veuillez accepter, ma très chère et inestimable Eintligarde, l'expression sincère de mon amitié.
Godomar.
Lutèce, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre XIV de Godomar
Chère Bilichilde,
Mes sincères amitiés,
Godomar
Lutèce, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre II de Himiltrude
De Madame Himiltrude de Chanavae au Chevalier Godomar de Chanavae
Cher Godomar,
Me pardonnerez-vous ce silence indigne d’une mère à qui son pauvre fils, livré à l’angoisse et au désarroi le plus profond, réclamait des paroles rassurantes devant les affligeantes nouvelles qui nous parviennent des quatre coins du monde ? Je n’ai pas été prompte à répondre, j’en conviens, mais lorsque vous connaîtrez les motifs d’un tel retardement, je suis sûre que je serai absoute.
En vérité mon cher fils, j’ai tout d’abord été dans le même état que vous : comme je souffrais d’un léger gratouillement à la gorge, la panique s’est emparée de moi : j’étais le 22° cas de France et la comtesse de Vachelotte l’ignorait ! J’avais contracté cet horrible fléau à Lutèce en me promenant au Père Lachaise où j’avais malencontreusement effleuré la rampe qui me menait à la section 13, là où repose notre regretté poète, rampe qu’avait indubitablement touchée un mexicain en exil fraîchement débarqué sur nos terres, en un mot, j’étais malade, j’allais vous perdre et je n’avais rien fait de ma vie !
Fort heureusement, vous connaissez votre mère, capable des pires excès mais atteinte aussi parfois par des éclairs de raison : j’ai repris mon ouvrage et confectionne désormais des masques blancs brodés avec vos initiales et celle de toute notre illustre famille afin de nous prévenir de toute contagion que cette affreuse peste des temps modernes voudrait nous infliger !
Il faut, pour tout avouer, que je vous dise aussi que les évènements se sont bien bousculés ces derniers temps et qu’entre deux coups d’aiguille je me suis retrouvée hébergée pour trois jours chez nos amis Valentinois. Que voulez-vous, la vie est ainsi faite : au vide et à l’ennui succèdent des moments qui, pour notre plus grand bonheur, ne nous laissent aucun répit. Je vous laisse imaginer la surprise que m’avait concoctée l’espiègle vicomte de L. : une ascentionnelle promenade sur les crêtes enneigées de la montagne qui borde leur province. J’ai cru mourir mille fois mais je reconnais les délices que procurent le vertige des sommets et la beauté du monde vu d’en haut. Le vent qui y souffle s’amuse à nous faire vaciller comme des brindilles et se moque de notre gravité terrestre. Son bruit sourd nous saoule et cingle nos tympans, nous obligeant alors à rentrer la tête et plier les épaules comme si nous étions poursuivis par un importun plaisantin imitant à nos oreilles la voix du fantôme. Sa violence ludique nous pousse sans indulgence : ces hautes terres ne nous appartiennent pas, nous ne méritons pas de vivre là, l’ air y est trop pur et trop saturé et qu’en redescendant nous trouvons bien doux l’abri de la vallée et son air vaguement infesté !
Bien à vous,
Votre mère dévouée.
Chanavae, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre VIII d’Eintligarde
J’attends impatience de vos nouvelles, et m’inquiète un peu : pourquoi ne répondez-vous pas à ma dernière lettre ? J’imagine que vous n’avez que peu de temps pour vous. Avez-vous repris votre travail universitaire ? Le mien a repris aujourd’hui même, plutôt difficilement. Mon avenir professionnel est bien sombre en ce moment, puisque je serai dans quelques jours interrogée sur des leçons que je n’ai pas eues ! Je suis extrêmement fatiguée, mais n’ai aucun droit de flancher, je ferai de mon mieux et cela se passera sûrement bien.
Je ne pourrai malheureusement pas venir à Lutèce ce week-end, je ne me souviens pas vous avoir déjà prévenu. J’en suis fort attristée, mais je ne peux me le permettre.
J’ai hier regardé Chungking Express, sur les conseils du Chevalier *** de Lutèce, l’avez-vous déjà vu ? J’aime particulièrement cet univers esthétique.
Dans l’attente de recevoir prochainement de vos nouvelles,
Mes plus belles amitiés,
Eintligarde
Divio, ce lundi 4 mai 2009
Lettre VII d’Eintligarde
J’ai été ravie de vous revoir lors de mon séjour à Lutèce. J’espère que depuis vous allez bien. Je suis tombée l’autre jour sur nos œuvres (qui sont sublimes, cela va sans dire), et elles m’ont arraché un beau sourire. J’ai également ouvert les yeux de plusieurs personnes sur l’affaire de ce boys band fort irrespectueux !
J’espère vous revoir très prochainement, et attends impatiemment de vous lire ici-même !
Joyeuses amitiés,
Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre VI d’Eintligarde
Je suis bien triste de savoir que la Dame de la Télévision ne vous a pas rappelé. Ce ne sont vraiment pas des manières de gens civilisés ! J’espère que votre mal est à présent tout à fait passé et qu’Hélios a fait son retour à Lutèce comme sur Divio. En effet, ma belle capitale burgonde est toute éclairée de rayons bienfaiteurs, et la chaleur commence à nous écraser, ce qui n’est pas si désagréable que cela en a l’air.
J’ai reçu tout à l’heure des nouvelles du Chevalier *** de Lutèce (enfin, si nous pouvons appeler ça des nouvelles, mais j’ai tout de même senti mon cœur faire un bond jusque dans mon estomac) J’ai l’autre jour revu le Chevalier *** de *** (je m’en serais bien passé, mais il est arrivé à l’improviste). Je ne sais pas si vous voyez de qui je veux parler, ce Chevalier avec qui j’ai eu une relation il y a quelques années, et qui est toujours épris de moi. Il s’est donc passé ce qu’il devait se passer, et j’avoue honteusement avoir pensé au Chevalier *** de Lutèce pendant que l’autre était là. Mais peut-être que cela ne voulait rien dire, peut-être ai-je juste besoin de reporter mon attention sur un Chevalier quelconque.
Vous me manquez fort, mon très cher Godomar, mais je ne sais toujours pas si je pourrai être là pour le samedi 9. Cela dépend assez de Mademoiselle *** de ***, que vous connaissez déjà il me semble, et de la disponibilité de sa voiture avec chauffeur. Je ne manquerai pas vous tenir au courant.
Je vous demande de m’excuser si parfois je vous agace lorsque je me plains de moi-même, je sais que vous ne le supportez pas. Sachez que mon amitié pour vous est toujours aussi forte, peut-être même de plus en plus.
Je ne manquerai pas faire un tour au firmament, et je m’excuse platement de n’avoir pu le faire depuis lundi, mais j’ai tant de choses à faire avant de reprendre mon travail universitaire la semaine prochaine.
Passez mes amitiés à Mademoiselle Gudule de Lutèce, je m’en vais lui écrire une lettre, mais je doute qu’elle y réponde.
En espérant vous revoir prochainement,
Mes plus belles amitiés,
Votre dévouée Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre V d’Eintligarde
Recevoir une lettre de vous me ravit ! J’espère que vous vous êtes bien remise de la fatigue consécutive à votre long voyage, et que tout se passe pour le mieux à Lutèce.
Je vois bien de qui vous me parlez, j’ai eu le privilège de le rencontrer grâce à, vous vous en doutez, Autour d’un Arbre. Je serais enchantée de partager quelques scènes avec vous ! Malheureusement, je ne sais toujours pas si je pourrai revenir à Lutèce dans une semaine. Je viendrai si je trouve un moyen de transport plus pratique et moins coûteux que la voie ferroviaire.
Les jours se rallongent à Divio, et le soleil s’y est installé. Tout va pour le mieux, excepté peut-être que je reprends mon travail universitaire ce lundi.
J’espère vous revoir prochainement,
Tendres amitiés,
Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre de X de Bilichilde
Cher ami empressé,
Je vous ai en effet répondu deux fois déjà, mais mon postier s'est perdu en route, une première fois à cause des chauves-souris qui lui ont fait perdre la tête et en ont profité pour déchiqueter votre lettre, et une deuxième fois à cause d'une branche qui lui a crevé un œil. Imaginez un peu: tombant alors de son fier destrier, se retrouvant à terre, en pleine forêt, sans personne qui puisse lui venir en aide, et surtout avec un seul œil! (le gauche si vous voulez tout savoir...). Ce pauvre bougre a alors dû crier toute la nuit, cela a eu pour effet de faire fuir les loups (je n'ose même pas imaginer sa manière de crier, cela doit être bien effrayant!). Par chance, au petit matin un pauvre ivrogne unijambiste rentrant chez lui est passé par là et a pu donner l'alerte. Mais je ne vous raconte point dans quel état je l'ai retrouvé. Évidemment je n'ai pu souffrir la simple idée que vous puissiez attendre avec inquiétude ma réponse. Je me suis donc empressée de réécrire celle-ci (pour survivre la nuit mon postier avait dû la manger) et de la faire envoyer par voie pigeonnière. J'espère d'ailleurs qu'elle était en bon état lors de la réception. Veillez à me le préciser lorsque vous m'écrirez en retour, que je sache si je renvoie mon postier borgne ou pas.
J'espère qu'en ce qui vous concerne tout se passe pour le mieux. En effet, comme vous me le disiez dans votre précédent courrier, il faut laisser le temps au temps. Mais il serait fort agréable que ce dernier s'empresse de nous trouver une date pour que nous puissions nous revoir prochainement. J'ai tellement envie de vous raconter tous les détails sanglants de cette affreuse nuit où j'ai dû panser les plaies de mon postier!
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce 30 avril 2009
Lettre XIII de Godomar
Chère Bilichilde,
Votre ami intrigué,
Godomar.
Lutèce, ce Jeudi 30 avril 2009
Lettre IX de Bilichilde
Mon Cher Athalaric...
J'ai regardé la recette des crêpes Suzette dans mon vieux grimoire portable et je suis dans le regret de vous dire que cela ne pourra malheureusement pas se faire... Tout cela est beaucoup trop compliqué! Des crêpes normales iront parfaitement, vous en conviendrez avec moi!
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce jeudi 30 avril 2009
Lettre XII de Godomar
Chère mère,
Rassurez-vous au plus vite, je n'exècre en rien ce terreau provincial qui m'a donné naissance, et qui a contemplé des années durant ma charmante croissance, ni ne le renie ! Si je préfère aujourd'hui l'effervescente capitale, et la fébrile sensation qu'elle procure à ses habitants, comme si le monde entier gardait en permanence ses yeux tournés vers Elle (impression factice, je ne le sais que trop, mais ô combien plaisante !), ce n'est que pour apprécier davantage les quelques jours de repos que m'offrent -certes trop rarement- les terres burgondes. Je ne peux prétendre que j'aime Chanavae, et vous m'en voyez navré, mais son aînée Divio, cité chargée d'histoire et de charmes, a su séduire mon coeur depuis bien des années.
Je saute ici du Chantecler à l'equus asinus- mais vous m'accorderez volontiers cette audace- pour vous parler de cette fameuse peste du porc qui se répand parait-il à la surface de notre planètes, venant des Indes d'Amérique. Les Aztèques auraient-ils joué à combiner plusieurs souches virales pour créer ce fléau ? Pensez-vous que c'est la main de l'Homme qui a façonné pareille maladie ? Pour ma part, je n'en sais trop rien, mais la lecture de quelques documents recueillis sur le Réseau ont bien vite suscité en moi une sévère inquiétude (vous savez combien je suis prompt à l'angoisse dès que nous abordons ces morbides discussions). Dans l'attente de vos rassurantes paroles, je m'en vais vous laisser, mère, et m'apprêter à dormir.
Votre fils dévoué,
Godomar.
PS : Aujourd'hui, j'ai visionné le métrage d'Eric Rohmer intitulé "La Marquise d'O", le connaissez-vous ? Le personnage de la mère y est particulièrement attachant, et je ne doute pas que vous sauriez passer outre le flot guindé des dialogues rohmeriens pour apprécier l'oeuvre dans son ensemble.
Lutèce, ce Jeudi 30 avril 2009
Lettre I de Himiltrude
De Madame Himiltrude de Chanavae au Chevalier Godomar de Chanavae
Cher Godomar,
Me voici de nouveau établie en ma province burgonde qui à bien des titres n’égale en rien la grandeur et la splendeur de la vôtre. Digne dépositaire du titre de Capitale, votre illustre cité m’a donné la main, considérant sans doute mon extrême timidité à son égard comme une offense à sa générosité magnanime.Elle m’a conduit ainsi dans ses artères, veines et veinules avec une patience jamais dissipée me rappelant à deux occasions seulement (J’en suis encore horriblement déboussolée !) quels étaient son pouvoir, sa force qui consistent à nous attirer, nous perdre, nous dévorer ! Dieu merci, me voici de retour chez les gueux, et, je vous l’assure, cela est rassurant à bien des égards. Tout ici m’est familier, point besoin d’une métaphorique main tendue pour faire le tour de mon domaine.D’un coup d’œil circulaire, j’embrasse le cadre de mon univers familier qui va du tubulaire portail noir arrosé par la sournoise innocence de la gent ailée (Je suis toujours frappée par l’étonnante maîtrise de la verticalité dont ces animaux-là font preuve et combien ils ont à cœur de nous en rappeler les deux extrémités ! La noblesse de l’âme que traduit leur envol poétique ne laisse pas d’oublier les fienteuses bassesses de ce monde que nous, humains, savons si bien cacher derrière les convenances), à la haie de bambous prétendument exotiques.Oh je sais me direz-vous, c’est d’une tristesse à faire rentrer une grenouille dans la vase par temps de pluie ! Mais c’est ainsi, ce cadre-là est le mien, je l’exècre parfois, souvent je l’avoue, mais ne le renie pas. Cher Godomar, souvenez-vous que vous venez de là et, du haut de votre forteresse enchantée, n’oubliez pas la modeste demeure qui fut et reste la vôtre.
Votre tendre mère.Chanavae, ce Mercredi 29 avril 2009
Lettre VIII de Bilichilde
Cher Athalaric,
Comment vous portez-vous ? La vie à Bellovaque continue-t-elle son doux chemin ? Les beaux vents annonciateurs de soleil sont-ils venus vous chatouiller les oreilles? Ici à Lutèce, j'ai eu la chance d'y avoir droit! Mais la raison de cette lettre est en faite très simple:
Figurez-vous que moi, Bilichilde de Bonaguil, connue et reconnue pour son appétit sans limites, et bien je n'ai rien mangé aujourd'hui, si ce n'est 4 pauvres petits biscuits sec avec un bol de lait ce matin à 7H30 très précisément !!!
Vous imaginez??
Alors, en plein milieux de mon cours d'anglais, vers 13H30, je me suis dit:
"C'est pas possible, mon petit ventre est-il malade?? Il ne réclame point sa pitance !!! Que se passe-t-il ??"
Et puis vers 14H30:
"Mon horloge biologique a-t-elle un problème ? Dois-je consulter? Je n'ai toujours pas faim... Grand mystère!"
Et d'ajouter vers 17H:
"Olala, mais je m'étonne moi-même, je vais établir un record jamais égalé dans ma, encore, très courte vie... Quel suspens, que tout cela est palpitant, jusqu'où vais-je aller ??"
Sachant que je vois votre cher et tendre ce soir pour 20H, imaginez la chose: cela fera 14H30 que je n'aurai rien mis dans mon petit bidon !!!
Je vous rassure quand même, cela est sûrement passager!
Dès que vous reviendrez nous voir à Lutèce, je vous préparerai de bonnes crêpes Suzette!
Au plaisir de vous revoir,
Amitié gourmande
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce Mercredi 29 avril 2009
Lettre XI de Godomar
Chère Eintligarde,
Ma souffrance s'est largement atténuée aujourd'hui, toutefois elle m'a empêché de participer à une festivité organisée hier soir par Mademoiselle Gudule de Lutèce en l'honneur du retour de Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil à Lutèce, et cet état de fait a provoqué en mois mille et un tourments que je ne saurais décrire avec justesse. Je n'ai donc point été en mesure de transmettre à Bilichilde vos amitiés, mais croyez bien que je n'y manquerai pas.
Ce soir, mon I.G.M. quitte Lutèce pour retrouver son époux à Chanavae, et Mademoiselle *** de ***, votre amie que vous connaissez depuis le lycée et qui entretient une relation avec un ibère madrilène, m'a donné rendez-vous pour assister à une pièce de théâtre, à laquelle je ne sais point encore si je pourrai assister, dépendamment de mon état de santé.
Je suis fort attristé d'apprendre que Divio vous a accueilli dans un style tout à fait 'mousson', mais sachez qu'ici le temps est fort capricieux depuis votre départ. Il ne faut pas vous laisser abattre, et, si j'étais vous, j'oublierai illico presto ce malotru sans nom, indigne de votre personne, sans même attendre de sa part la moindre nouvelle. Je sais mieux que quiconque que vous êtes dans l'erreur lorsque vous prétendez n'avoir besoin de personne, mais fort heureusement, votre noble félin aux accès de rage ravageurs est à vos côtés pour veiller sur votre personne. Chassez donc toute honte de votre âme, car ce malin sentiment n'y a certainement pas sa place !
Pour finir, sachez que mon entretien n'a pas eu lieu, car la vile Dame de la Télévision n'a pas daigné me recontacter comme elle en avait pourtant fait le serment. Je sais bien que ces gens n'ont aucune parole, mais le savoir théorique ne procure pas les mêmes douleurs que le constat factuel. Je tenterai ma chance en l'appelant cette après-midi, en espérant que, cette fois, la chance me sourira et fera avancer les choses.
Mes sincères amitiés,
Godomar.
Lutèce, ce Lundi 28 avril 2009.
Lettre VII de Bilichilde
Chère Eintligarde,
Quelle joie de recevoir une lettre de votre part. C'est une douce surprise en ce triste jour. Pourquoi triste, me direz vous, alors que je viens tout juste de rentrer sur Lutèce? Et bien je vous avouerai que moi même je ne le sais point. A dire vrai, la fatigue m'accable, mais ce n'est surement pas la seule cause de mon état... Peut être aussi parce que le soleil a décidé de jouer avec moi, et donc de ne se montrer qu'à peine. Soit, je ferai donc avec, mais cela me rend toute chose.
Je n'en oublie pas moins que ce soir je retrouve mon très cher Chevalier Godomar ainsi que Mademoiselle Gudule et le Chevalier ***. Voyez-vous de qui je parle? Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de faire sa rencontre lors de votre séjour... Peut-être devinerez-vous si je vous précise qu'il joue le rôle de Matis dans cette fameuse pièce, Autour d'un arbre.
D'ailleurs, l'évocation de cet arbre me fait espérer qu'un jour peut-être j'aurai la joie, si Dieu le veut, de partager quelques scènes avec vous. Ne serait-ce pas quelque chose de délicieux à envisager? Pour cela je suis obligé de vous demander si vous avez pour projet de revenir nous voir à Lutèce... De cette manière je ne ferai pas la même erreur deux fois et je tâcherai d'être présente à vos côté!
Quoi qu'il en soit, je suis d'avance toute heureuse d'entendre mes chers amis me raconter tout ce qu'il s'est passé durant mes deux semaines d'absences, et par là-même entre parler de vous!
En espérant vous revoir prochainement,
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil.
Bonaguil, ce lundi 27 avril 2009
Lettre IV d'Eintligarde
Divio était si triste hier soir, elle pleurait comme jamais, et je ne doute pas que ce fut parce que je rentrais sans vous ! Ce matin le soleil est revenu, accompagné de fortes bourrasques, si bien qu’il ne fait pas très chaud à traîner dans les rues. Quant aux « voisins » de Vesontio, je n’aurais pas manqué les saluer de votre part si j’en avais eu l’occasion ! Je suis bien triste d’apprendre que vous êtes souffrant, et je dois avouer que je ne me sens pas tout à fait remise de mon mal apparu après avoir mangé japonais. Je suis absolument épuisée, et compte bien me reprendre en mains durant la semaine à venir.
Mon noble félin va bien, mais je ne peux pas en dire autant de mes appartements ! Je les ai retrouvés tout dérangés par les folies dudit félin, et sales comme jamais ! Je pense renvoyer certains de mes domestiques car c’est tout simplement inadmissible de laisser un si bel endroit se détériorer ainsi.
J’espère que vous vous entendez bien avec vos I.G., et que le séjour leur est agréable. Je pense également fort à votre entretien téléphonique qui, je n’en doute pas, se déroulera pour le mieux.
Je dois honteusement vous avouer que j’espère recevoir des nouvelles du Chevalier *** de Lutèce, car je me sens vexée que cela se termine aussi brutalement, et je ne comprends pas comment un amateur de belles choses a pu me résister. Je fais cependant en sorte que cela ne devienne pas une obsession, car après tout, vous le savez, je n’ai besoin de personne.
Votre présence me manque, bien que j’ai réussi à éviter la solitude depuis mon retour.
Je crois que c’est aujourd’hui que rentre Mademoiselle de Bonaguil, vous lui transmettrez mes amitiés. Je lui ai écrit hier, mais je ne pense pas qu’elle ait déjà reçu ma lettre.
Mes plus belles amitiés,
Votre dévouée Eintligarde
Divio, ce Lundi 27 avril 2009
Lettre X de Godomar
Chère Eintligarde,
Mes sincères amitiés.
Godomar.
PS : Vous me trouvez également ravi d'apprendre la conclusion de l'histoire concernant ce Chevalier *** de Lutèce, qui, de toute évidence, ne vous mérite pas, pas plus qu'il ne mérite de provoquer le moindre trouble en vous. Continuez donc à profiter de la vie et ce qu'elle a de meilleur à vous offrir, et, pleine de sagesse, abandonnez ces barbares qui ne parlent point le langage du coeur (ni du corps).
Lutèce, ce Lundi 27 avril 2009
Lettre IX de Godomar
Cher et tendre Athalaric,
Je vous abandonne donc, présentement, pour me rendre à l'Université. Mon I.G.M. (Instance Génitrice Maternelle), qui vit pour quelques jours dans mes appartements, a pris soin de me préparer une quiche aux légumes dont le succulent fumet parvient à percer les barrières de mes muqueuses embourbées, afin d'exciter dans les méandres de mon cerveau les zones coupables de l'appétit.
Mille baisers, mon cher et tendre.
Votre Godomar attendri.
Lutèce, ce Lundi 27 avril 2009
Lettre III d'Eintligarde
J'ai été ravie de vous revoir durant ces quelques jours passés à Lutèce. Vous nous avez beaucoup manqué, à Godomar et à moi-même, après votre départ.
Je ne me souviens plus bien si je vous en ai déjà parlé ou non, mais j'ai revu le Chevalier *** de Lutèce, et ai été extrêmement déçue. Non que cela se soit mal passé, bien au contraire, mais j'aurais aimé approfondir notre relation. Aussi j'ai pris la décision de ne plus lui écrire, j'ai bien trop honte de ce que j'ai déjà pu lui dire.
J'espère que vous êtes heureux à Bellovaque, ne manquez pas de m'envoyer de vos nouvelles.
Amitiés affectueuses,
Eintligarde
Divio, ce Dimanche 26 avril 2009
Lettre II d'Eintligarde
J'espère que votre retraite à Bonaguil se termine paisiblement. J'ai été fort peinée de ne pouvoir vous rencontrer lors de mon voyage à la capitale.
Me voici de retour à Divio, écrivez-moi ici, si vous en avez l'occasion.
Tendres amitiés,
Eintligarde
Divio, ce Dimanche 26 avril 2009
Lettre I d'Eintligarde
Me voici bien rentrée à Divio. Ce week-end à Argentorate fut formidable et ensoleillé, bien qu'il ait plutôt mal débuté. Cette ville est très jolie, et très accueillante. Le trajet de retour fut long, je suis bien contente de retrouver mes appartements. Je n'ai malheureusement pu visiter Vesontio car mon escale là-bas n'a finalement duré qu'une petit demi-heure, mais je ne doute pas que j'y puisse retourner bientôt.
Lutèce me manque beaucoup. Y fait-il toujours aussi beau ?
Donnez-moi de vos nouvelles, je ne manquerai pas d'y répondre.
Mes plus belles amitiés,
Votre dévouée Eintligarde.
Post-scriptum : Quant à cette histoire concernant le Chevalier *** de Lutèce, rassurez-vous, je n'y pense presque plus, la vie est bien trop courte pour se gâcher le temps ainsi.
Divio, ce Dimanche 26 avril 2009
Lettre VI de Bilichilde
Mon cher Athalaric,
Que je suis ravie de savoir que votre séjour s'est si bien passé. Sachez que je regrette également de ne vous avoir point vu... Mais la vie est faites ainsi, de croisements, de chemins parallèles, de joies communes et de chassés-croisés sans logiques. Ainsi, si j'avais voulu défier cette logique, j'aurai transformé par un coup du sort mon billet de cheval et lui aurai sommé de partir quelques jours plus tôt!
Malheureusement il n'en est point, et mon cœur en est meurtri! D'autant plus que dans ma charmante bourgade, il y a certes de beaux chevaliers qui n'attendent qu'à être charmés, mais ça n'a évidemment pas d'équivalent avec l'amitié que je vous porte à vous et aux autres. Charmer certains sans être sûre du lendemain n'est que perte de temps lorsque l'on sait que des amis vous attendent de loin, et que les sentiments sont réciproques.
Ah d'ailleurs, une pensée traverse mon esprit. Est-ce que vous vous souvenez de ce voyage en calèche pour Barcelone dont je vous avais parlé? Figurez vous que j'ai demandé à un de mes domestiques de se charger de la réservation, mais au moment où il quittait la propriété je me suis souvenue de votre proposition quant à votre calèche personnelle... Il faudrait que nous en reparlions, n'est-il pas ?
Je vous adresse mes plus sincères amitiés gourmandes,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Bonaguil, ce Vendredi 24 avril 2009