Très chère Eintligarde,
j'ignore quel est le présent climat au détour des rues du vingtième arrondissement, bien que votre emploi du terme "morosité" me laisse imaginer un temps pareil à celui qui s'abat par chez moi ; ici, dans les abords populaires du quartier de République, un froid malveillant a pénétré les murs de mon appartement et glace les os de mes doigts et de mes orteils, et j'ai dû revêtir d'inélégantes chaussettes hivernales. Ceci n'est pas digne d'un printemps, et je me trouve fort fâché à l'encontre de la Nature.
Cette soirée est par ailleurs tout à fait prenante, et je m'étonne de trouver le temps de vous écrire, entre mes dossiers universitaires, un montage de photographies, et l'organisation de la petite Fête des Baisers de dimanche, qui, mine de rien, approche à grands pas, et à laquelle vous et votre cher et tendre Chevalier *** d'Agedincum êtes bien entendu conviés, comme à l'habitude.
Je retourne à mes travaux fastidieux, malmené par l'odeur tentatrice des pan-cakes qui cuisent un à un dans ma poêle, et que je dore allègrement de sucre et de jus de citron. Il faudra que vous me contiez un peu par ici quelques unes de vos croustillantes aventures professionnelles, et que vous me croquiez, avec cet humour qui vous colle à l'épiderme, les personnages de votre nouvelle vie de stagiaire !
Mes sincères amitiés,
Godomar.
Lutèce, ce Mardi 11 mai 2010.