Très chère Eintligarde,
je vous mande ici ce billet dans l'espoir de vous relire encore, car vous savez combien j'ai d'estime à l'égard de votre phrasé. Hier soir, j'ai déploré que vous ne puissiez nous accompagner dans le Bayou lutécien, mais cela n'a point altéré les délices de ces instants passés en votre compagnie, et j'ai bon espoir que nous nous verrons effectivement dans le courant de la semaine, comme vous me l'avez promis, afin de dîner autour de quelques mets importés des Indes (car enfin, nous habitons désormais tous deux à Lutèce, et nous n'en profitons plus assez !). Il est à regretter que votre tendre ami ne puisse se joindre à nous ; dites-moi donc quelles aventures l'auront alors éloigné de vos appartements, et si vous pensez que le Chevalier *** d'Augusta Viromanduorum, cet éminent biologiste, viendra consommer avec nous les plaisirs d'un repas entre amis. Peut-être ce dernier écrira-t-il un jour, qui sait, en ce lieu de correspondance bienséante et raffinée ! Je me charge de le lui proposer. Quant à vous, veillez à ne point vous engourdir dans la paresse et travaillez votre Mémoire, sans quoi les cruelles cordes du Destin vous lieront à Lemonum plus longtemps que nous ne saurions le supporter.
Mes sincères amitiés,
Godomar.
Lutèce, ce Dimanche 9 mai 2010