Lettre XX de Godomar
Lettre IX d'Eintligarde
Mes plus sincères amitiés,
Eintligarde
Lettre XIX de Godomar
Lettre XVIII de Godomar
Lettre XVII de Godomar
Lettre XI de Bilichilde
Lutèce, ce Dimanche 10 mai 2009
Lettre XVI de Godomar
Chère mère,
Pour ma part, je navigue d'un travail à l'autre ; mon esprit -comme à son habitude me direz-vous- est en ébullition, et je dors peu (rassurez-vous cependant : je mange à ma fin, et j'ai même découvert hier, à deux pas de chez moi, un restaurant fort charmant, digne d'une auberge perdue en pleine montagne, où, pour quelques piécettes, l'on mange sain et à sa faim).
Pardonnez enfin la concision abrupte de ce courrier, mais l'inspiration ne vient plus, et je ne peux me résoudre à la violenter. Recevez donc, chère mère, l'affection la plus tendre de votre fils bien-aimé.
Godomar.
Lutèce, ce Vendredi 8 mai 2009
Lettre XV de Godomar
Chère Eintligarde,
Dans l'attente impatiente de vous revoir, veuillez accepter, ma très chère et inestimable Eintligarde, l'expression sincère de mon amitié.
Godomar.
Lutèce, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre XIV de Godomar
Chère Bilichilde,
Mes sincères amitiés,
Godomar.
Lutèce, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre II de Himiltrude
De Madame Himiltrude de Chanavae au Chevalier Godomar de Chanavae
Cher Godomar,
Me pardonnerez-vous ce silence indigne d’une mère à qui son pauvre fils, livré à l’angoisse et au désarroi le plus profond, réclamait des paroles rassurantes devant les affligeantes nouvelles qui nous parviennent des quatre coins du monde ? Je n’ai pas été prompte à répondre, j’en conviens, mais lorsque vous connaîtrez les motifs d’un tel retardement, je suis sûre que je serai absoute.
En vérité mon cher fils, j’ai tout d’abord été dans le même état que vous : comme je souffrais d’un léger gratouillement à la gorge, la panique s’est emparée de moi : j’étais le 22° cas de France et la comtesse de Vachelotte l’ignorait ! J’avais contracté cet horrible fléau à Lutèce en me promenant au Père Lachaise où j’avais malencontreusement effleuré la rampe qui me menait à la section 13, là où repose notre regretté poète, rampe qu’avait indubitablement touchée un mexicain en exil fraîchement débarqué sur nos terres, en un mot, j’étais malade, j’allais vous perdre et je n’avais rien fait de ma vie !
Fort heureusement, vous connaissez votre mère, capable des pires excès mais atteinte aussi parfois par des éclairs de raison : j’ai repris mon ouvrage et confectionne désormais des masques blancs brodés avec vos initiales et celle de toute notre illustre famille afin de nous prévenir de toute contagion que cette affreuse peste des temps modernes voudrait nous infliger !
Il faut, pour tout avouer, que je vous dise aussi que les évènements se sont bien bousculés ces derniers temps et qu’entre deux coups d’aiguille je me suis retrouvée hébergée pour trois jours chez nos amis Valentinois. Que voulez-vous, la vie est ainsi faite : au vide et à l’ennui succèdent des moments qui, pour notre plus grand bonheur, ne nous laissent aucun répit. Je vous laisse imaginer la surprise que m’avait concoctée l’espiègle vicomte de L. : une ascentionnelle promenade sur les crêtes enneigées de la montagne qui borde leur province. J’ai cru mourir mille fois mais je reconnais les délices que procurent le vertige des sommets et la beauté du monde vu d’en haut. Le vent qui y souffle s’amuse à nous faire vaciller comme des brindilles et se moque de notre gravité terrestre. Son bruit sourd nous saoule et cingle nos tympans, nous obligeant alors à rentrer la tête et plier les épaules comme si nous étions poursuivis par un importun plaisantin imitant à nos oreilles la voix du fantôme. Sa violence ludique nous pousse sans indulgence : ces hautes terres ne nous appartiennent pas, nous ne méritons pas de vivre là, l’ air y est trop pur et trop saturé et qu’en redescendant nous trouvons bien doux l’abri de la vallée et son air vaguement infesté !
Bien à vous,
Votre mère dévouée.
Chanavae, ce Mardi 5 mai 2009
Lettre VIII d’Eintligarde
J’attends impatience de vos nouvelles, et m’inquiète un peu : pourquoi ne répondez-vous pas à ma dernière lettre ? J’imagine que vous n’avez que peu de temps pour vous. Avez-vous repris votre travail universitaire ? Le mien a repris aujourd’hui même, plutôt difficilement. Mon avenir professionnel est bien sombre en ce moment, puisque je serai dans quelques jours interrogée sur des leçons que je n’ai pas eues ! Je suis extrêmement fatiguée, mais n’ai aucun droit de flancher, je ferai de mon mieux et cela se passera sûrement bien.
Je ne pourrai malheureusement pas venir à Lutèce ce week-end, je ne me souviens pas vous avoir déjà prévenu. J’en suis fort attristée, mais je ne peux me le permettre.
J’ai hier regardé Chungking Express, sur les conseils du Chevalier *** de Lutèce, l’avez-vous déjà vu ? J’aime particulièrement cet univers esthétique.
Dans l’attente de recevoir prochainement de vos nouvelles,
Mes plus belles amitiés,
Eintligarde
Divio, ce lundi 4 mai 2009
Lettre VII d’Eintligarde
J’ai été ravie de vous revoir lors de mon séjour à Lutèce. J’espère que depuis vous allez bien. Je suis tombée l’autre jour sur nos œuvres (qui sont sublimes, cela va sans dire), et elles m’ont arraché un beau sourire. J’ai également ouvert les yeux de plusieurs personnes sur l’affaire de ce boys band fort irrespectueux !
J’espère vous revoir très prochainement, et attends impatiemment de vous lire ici-même !
Joyeuses amitiés,
Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre VI d’Eintligarde
Je suis bien triste de savoir que la Dame de la Télévision ne vous a pas rappelé. Ce ne sont vraiment pas des manières de gens civilisés ! J’espère que votre mal est à présent tout à fait passé et qu’Hélios a fait son retour à Lutèce comme sur Divio. En effet, ma belle capitale burgonde est toute éclairée de rayons bienfaiteurs, et la chaleur commence à nous écraser, ce qui n’est pas si désagréable que cela en a l’air.
J’ai reçu tout à l’heure des nouvelles du Chevalier *** de Lutèce (enfin, si nous pouvons appeler ça des nouvelles, mais j’ai tout de même senti mon cœur faire un bond jusque dans mon estomac) J’ai l’autre jour revu le Chevalier *** de *** (je m’en serais bien passé, mais il est arrivé à l’improviste). Je ne sais pas si vous voyez de qui je veux parler, ce Chevalier avec qui j’ai eu une relation il y a quelques années, et qui est toujours épris de moi. Il s’est donc passé ce qu’il devait se passer, et j’avoue honteusement avoir pensé au Chevalier *** de Lutèce pendant que l’autre était là. Mais peut-être que cela ne voulait rien dire, peut-être ai-je juste besoin de reporter mon attention sur un Chevalier quelconque.
Vous me manquez fort, mon très cher Godomar, mais je ne sais toujours pas si je pourrai être là pour le samedi 9. Cela dépend assez de Mademoiselle *** de ***, que vous connaissez déjà il me semble, et de la disponibilité de sa voiture avec chauffeur. Je ne manquerai pas vous tenir au courant.
Je vous demande de m’excuser si parfois je vous agace lorsque je me plains de moi-même, je sais que vous ne le supportez pas. Sachez que mon amitié pour vous est toujours aussi forte, peut-être même de plus en plus.
Je ne manquerai pas faire un tour au firmament, et je m’excuse platement de n’avoir pu le faire depuis lundi, mais j’ai tant de choses à faire avant de reprendre mon travail universitaire la semaine prochaine.
Passez mes amitiés à Mademoiselle Gudule de Lutèce, je m’en vais lui écrire une lettre, mais je doute qu’elle y réponde.
En espérant vous revoir prochainement,
Mes plus belles amitiés,
Votre dévouée Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre V d’Eintligarde
Recevoir une lettre de vous me ravit ! J’espère que vous vous êtes bien remise de la fatigue consécutive à votre long voyage, et que tout se passe pour le mieux à Lutèce.
Je vois bien de qui vous me parlez, j’ai eu le privilège de le rencontrer grâce à, vous vous en doutez, Autour d’un Arbre. Je serais enchantée de partager quelques scènes avec vous ! Malheureusement, je ne sais toujours pas si je pourrai revenir à Lutèce dans une semaine. Je viendrai si je trouve un moyen de transport plus pratique et moins coûteux que la voie ferroviaire.
Les jours se rallongent à Divio, et le soleil s’y est installé. Tout va pour le mieux, excepté peut-être que je reprends mon travail universitaire ce lundi.
J’espère vous revoir prochainement,
Tendres amitiés,
Eintligarde
Divio, ce vendredi 1er mai 2009
Lettre de X de Bilichilde
Cher ami empressé,
Je vous ai en effet répondu deux fois déjà, mais mon postier s'est perdu en route, une première fois à cause des chauves-souris qui lui ont fait perdre la tête et en ont profité pour déchiqueter votre lettre, et une deuxième fois à cause d'une branche qui lui a crevé un œil. Imaginez un peu: tombant alors de son fier destrier, se retrouvant à terre, en pleine forêt, sans personne qui puisse lui venir en aide, et surtout avec un seul œil! (le gauche si vous voulez tout savoir...). Ce pauvre bougre a alors dû crier toute la nuit, cela a eu pour effet de faire fuir les loups (je n'ose même pas imaginer sa manière de crier, cela doit être bien effrayant!). Par chance, au petit matin un pauvre ivrogne unijambiste rentrant chez lui est passé par là et a pu donner l'alerte. Mais je ne vous raconte point dans quel état je l'ai retrouvé. Évidemment je n'ai pu souffrir la simple idée que vous puissiez attendre avec inquiétude ma réponse. Je me suis donc empressée de réécrire celle-ci (pour survivre la nuit mon postier avait dû la manger) et de la faire envoyer par voie pigeonnière. J'espère d'ailleurs qu'elle était en bon état lors de la réception. Veillez à me le préciser lorsque vous m'écrirez en retour, que je sache si je renvoie mon postier borgne ou pas.
J'espère qu'en ce qui vous concerne tout se passe pour le mieux. En effet, comme vous me le disiez dans votre précédent courrier, il faut laisser le temps au temps. Mais il serait fort agréable que ce dernier s'empresse de nous trouver une date pour que nous puissions nous revoir prochainement. J'ai tellement envie de vous raconter tous les détails sanglants de cette affreuse nuit où j'ai dû panser les plaies de mon postier!
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce Jeudi 30 avril 2009
Lettre XIII de Godomar
Chère Bilichilde,
Votre ami intrigué,
Godomar.
Lutèce, ce Jeudi 30 avril 2009
Lettre IX de Bilichilde
Mon Cher Athalaric...
J'ai regardé la recette des crêpes Suzette dans mon vieux grimoire portable et je suis dans le regret de vous dire que cela ne pourra malheureusement pas se faire... Tout cela est beaucoup trop compliqué! Des crêpes normales iront parfaitement, vous en conviendrez avec moi!
Amitié gourmande,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce jeudi 30 avril 2009
Lettre XII de Godomar
Chère mère,
Rassurez-vous au plus vite, je n'exècre en rien ce terreau provincial qui m'a donné naissance, et qui a contemplé des années durant ma charmante croissance, ni ne le renie ! Si je préfère aujourd'hui l'effervescente capitale, et la fébrile sensation qu'elle procure à ses habitants, comme si le monde entier gardait en permanence ses yeux tournés vers Elle (impression factice, je ne le sais que trop, mais ô combien plaisante !), ce n'est que pour apprécier davantage les quelques jours de repos que m'offrent -certes trop rarement- les terres burgondes. Je ne peux prétendre que j'aime Chanavae, et vous m'en voyez navré, mais son aînée Divio, cité chargée d'histoire et de charmes, a su séduire mon coeur depuis bien des années.
Je saute ici du Chantecler à l'equus asinus- mais vous m'accorderez volontiers cette audace- pour vous parler de cette fameuse peste du porc qui se répand parait-il à la surface de notre planètes, venant des Indes d'Amérique. Les Aztèques auraient-ils joué à combiner plusieurs souches virales pour créer ce fléau ? Pensez-vous que c'est la main de l'Homme qui a façonné pareille maladie ? Pour ma part, je n'en sais trop rien, mais la lecture de quelques documents recueillis sur le Réseau ont bien vite suscité en moi une sévère inquiétude (vous savez combien je suis prompt à l'angoisse dès que nous abordons ces morbides discussions). Dans l'attente de vos rassurantes paroles, je m'en vais vous laisser, mère, et m'apprêter à dormir.
Votre fils dévoué,
Godomar.
PS : Aujourd'hui, j'ai visionné le métrage d'Eric Rohmer intitulé "La Marquise d'O", le connaissez-vous ? Le personnage de la mère y est particulièrement attachant, et je ne doute pas que vous sauriez passer outre le flot guindé des dialogues rohmeriens pour apprécier l'oeuvre dans son ensemble.
Lutèce, ce Jeudi 30 avril 2009
Lettre I de Himiltrude
De Madame Himiltrude de Chanavae au Chevalier Godomar de Chanavae
Cher Godomar,
Me voici de nouveau établie en ma province burgonde qui à bien des titres n’égale en rien la grandeur et la splendeur de la vôtre. Digne dépositaire du titre de Capitale, votre illustre cité m’a donné la main, considérant sans doute mon extrême timidité à son égard comme une offense à sa générosité magnanime.Elle m’a conduit ainsi dans ses artères, veines et veinules avec une patience jamais dissipée me rappelant à deux occasions seulement (J’en suis encore horriblement déboussolée !) quels étaient son pouvoir, sa force qui consistent à nous attirer, nous perdre, nous dévorer ! Dieu merci, me voici de retour chez les gueux, et, je vous l’assure, cela est rassurant à bien des égards. Tout ici m’est familier, point besoin d’une métaphorique main tendue pour faire le tour de mon domaine.D’un coup d’œil circulaire, j’embrasse le cadre de mon univers familier qui va du tubulaire portail noir arrosé par la sournoise innocence de la gent ailée (Je suis toujours frappée par l’étonnante maîtrise de la verticalité dont ces animaux-là font preuve et combien ils ont à cœur de nous en rappeler les deux extrémités ! La noblesse de l’âme que traduit leur envol poétique ne laisse pas d’oublier les fienteuses bassesses de ce monde que nous, humains, savons si bien cacher derrière les convenances), à la haie de bambous prétendument exotiques.Oh je sais me direz-vous, c’est d’une tristesse à faire rentrer une grenouille dans la vase par temps de pluie ! Mais c’est ainsi, ce cadre-là est le mien, je l’exècre parfois, souvent je l’avoue, mais ne le renie pas. Cher Godomar, souvenez-vous que vous venez de là et, du haut de votre forteresse enchantée, n’oubliez pas la modeste demeure qui fut et reste la vôtre.
Votre tendre mère.Chanavae, ce Mercredi 29 avril 2009
Lettre VIII de Bilichilde
Cher Athalaric,
Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil
Lutèce, ce Mercredi 29 avril 2009
Lettre XI de Godomar
Chère Eintligarde,
Ma souffrance s'est largement atténuée aujourd'hui, toutefois elle m'a empêché de participer à une festivité organisée hier soir par Mademoiselle Gudule de Lutèce en l'honneur du retour de Mademoiselle Bilichilde de Bonaguil à Lutèce, et cet état de fait a provoqué en mois mille et un tourments que je ne saurais décrire avec justesse. Je n'ai donc point été en mesure de transmettre à Bilichilde vos amitiés, mais croyez bien que je n'y manquerai pas.
Ce soir, mon I.G.M. quitte Lutèce pour retrouver son époux à Chanavae, et Mademoiselle *** de ***, votre amie que vous connaissez depuis le lycée et qui entretient une relation avec un ibère madrilène, m'a donné rendez-vous pour assister à une pièce de théâtre, à laquelle je ne sais point encore si je pourrai assister, dépendamment de mon état de santé.
Je suis fort attristé d'apprendre que Divio vous a accueilli dans un style tout à fait 'mousson', mais sachez qu'ici le temps est fort capricieux depuis votre départ. Il ne faut pas vous laisser abattre, et, si j'étais vous, j'oublierai illico presto ce malotru sans nom, indigne de votre personne, sans même attendre de sa part la moindre nouvelle. Je sais mieux que quiconque que vous êtes dans l'erreur lorsque vous prétendez n'avoir besoin de personne, mais fort heureusement, votre noble félin aux accès de rage ravageurs est à vos côtés pour veiller sur votre personne. Chassez donc toute honte de votre âme, car ce malin sentiment n'y a certainement pas sa place !
Pour finir, sachez que mon entretien n'a pas eu lieu, car la vile Dame de la Télévision n'a pas daigné me recontacter comme elle en avait pourtant fait le serment. Je sais bien que ces gens n'ont aucune parole, mais le savoir théorique ne procure pas les mêmes douleurs que le constat factuel. Je tenterai ma chance en l'appelant cette après-midi, en espérant que, cette fois, la chance me sourira et fera avancer les choses.
Mes sincères amitiés,
Godomar.
Lutèce, ce Lundi 28 avril 2009.